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REVUE DE PRESSE BD & CARICATURE ZEBRA N°165


“Une” du “Petit Journal” nationaliste accusant Jaurès de trahison (1913).
On assassine encore Jaurès !
Le numéro de juin de la revue “L’Histoire”, intitulé “Nos avant guerres”, est conçu pour mettre l’Histoire au service de la guerre. “ Ce magazine est presque entièrement rédigé par des universitaires. “L’Histoire” n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’elle avait traîné dans la boue le mouvement des Gilets jaunes, le rapprochant des pires exactions populaires du passé (entraînant les protestations de certains de ses lecteurs).
L’esprit est donné dès la couverture avec ses accroches “subliminales” : “1870 : Celle qu’on n’a pas vu venir” ; “1914 : L’erreur de Jaurès” ; “1939 : Tous Munichois ?” ; “1950 : L’attaque atomique n’aura pas lieu”…
Cette dernière accroche est faite pour rassurer ceux qui craindraient une escalade atomique entre Moscou et la France.
Est-il vrai que l’opération spéciale de V. Poutine en Ukraine était imprévisible ? Du point de vue marxiste de J. Jaurès, certainement pas, puisque celui-ci énonçait clairement que “Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nuée porte en elle l’orage.” ; compte tenu de l’importance des forges et fonderies dans la guerre moderne, la métaphore du volcan aurait été encore plus appropriée. On sait par ailleurs que Joe Biden avait fait de la construction du gazoduc géant NordStream par Moscou et Berlin un “casus belli”.
“L’erreur de Jaurès” mentionnée ici n’est pas son socialisme anticapitaliste, mais le fait qu’il a sous-estimé la vitesse à laquelle le conflit pouvait éclater entre le Capital allemand et ses rivaux français, britannique ou italien. “L’Histoire” ne mentionne pas que J. Jaurès croyait que l’expansion coloniale des nations européennes aurait pour effet de freiner leur élan guerrier sur le continent européen ; le colonialisme a joué, bien au contraire, le rôle d’excitant de l’hubris capitaliste guerrière, en 1914 comme en 1939.
Plutôt que de dire que l’on n’a pas vu venir la tentative d’annexion de l’Ukraine, qui déstabilise tout le continent européen, il est plus juste de dire que la propagande libérale de la “mondialisation heureuse” a un effet aveuglant.

Retour du masculinisme
Le masculinisme, remis à la mode par les élites californiennes, nous ramène aux heures sombres où les gosses pouvaient lire “Popeye” en toute liberté (ci-dessus une version italienne) et où “Charlie-Hebdo” n’avait pas encore instauré un quota de dessinatrices.
Cela dit derrière un fier-à-bras comme Popeye, il y a toujours une femme comme Olive Oil pour tenir la culotte. Ce dispositif est valable depuis l’Antiquité puisque les femmes spartiates étaient de véritables viragos (cf. “Les Spartiates”, par Paul Cartledge, éd., 2026).
Le masculinisme, aux Etats-Unis, n’a d’ailleurs rien d’une mode nouvelle. C’est une réaction récurrente, depuis la fin du XIXe siècle, à l’éthique féministe puritaine.

Affiche pour un festival de dessin humoristique en Turquie.
La partie émergée de l’iceberg
L’intelligence artificielle suscite la réprobation de beaucoup d’illustrateurs, de dessinateurs voire de caricaturistes, bien que l’humour, qui est le propre de l’homme, ne soit pas menacé. Un collectif d’artistes a récemment réussi à convaincre la municipalité de Rouen de renoncer à l’usage de l’Intelligence artificielle.
L’affiche ci-dessus pour un festival de dessin humoristique en Turquie devrait rassurer les humoristes qui, comme Riss, se croient menacés.
Les artistes français ont décelé très tôt - dès la fin du XIXe siècle et la démocratisation de la photographie - la volonté de la bourgeoisie d’étouffer les poètes et de les remplacer par des techniciens. A partir de la Libération, sous l’impulsion des philistins gaullistes et communistes, l’Education nationale est devenue l’outil principal de cette démolition systématique, assimilant pratiquement l’artiste au cancre.
La démocratisation est presque toujours l’argument du nivellement par le bas, opéré par le haut.

Publicité pour la liqueur apéritive Becane, ancêtre du dopage (par Vuillard).
L’Art de la Chute
Selon le magazine (en ligne) Töpfferiana, la “petite reine” et la bande dessinée - que certains nomment “art séquentiel” vont bien ensemble ; sans doute pour la même raison que le cinéma et les bolides motorisés s’accordent. Ce sont certainement deux passions belges.
Caricatures fraîches par Baptiste Virot, Sempé, Kurt (“Nord littoral”), Naumasq (“Facebook”), Dalaine (“Facebook”), Miège (“Mauvaise Nouvelle”), Fred Sochard (“Facebook“) & Zombi (“Zébra”) :

par Baptiste Virot.

“JUILLET”, par Sempé.

par Kurt.

par Naumasq.

par Dalaine.

par Miège.

par Fred Sochard.

par Zombi.